L’antibiorésistance des infections urinaires en Afrique : une étude du projet SARA publiée dans JAMA Network Open

  • Une nouvelle étude menée dans le cadre du projet SARA (Surveillance de l’AntibioRésistance en Afrique) et impliquant plusieurs instituts du réseau Pasteur vient de paraître dans le prestigieux  JAMA Network Open.

Ce que révèle l’étude

L’étude a analysé 44 367 échantillons d’urine prélevés entre 2010 et 2022 dans six pays africains : le Bénin, le Cameroun, la République centrafricaine, Madagascar, le Maroc et le Sénégal.

Les résultats sont alarmants et confirment une tendance inquiétante : la résistance aux antibiotiques des bactéries responsables d’infections urinaires (Escherichia coli et Klebsiella pneumoniae) est en forte augmentation.

Au Sénégal, les chiffres parlent d’eux-mêmes :

  • La résistance à la ciprofloxacine est passée de 34% (2010) à 68% (2022)
  • L’amoxicilline est désormais inefficace dans 9 cas sur 10
  • Les antibiotiques de dernier recours (carbapénèmes) commencent à montrer des signes de faiblesse

Les projections de l’étude estiment que la résistance aux céphalosporines de 3e génération et aux carbapénèmes pourrait dépasser 90% d’ici 2050 dans la plupart des pays africains concernés .

Le projet SARA : un réseau de surveillance au service de la santé publique

Le projet SARA, coordonné par l’Institut Pasteur de Madagascar avec le soutien de l’Institut Pasteur, a été lancé pour définir les stratégies de lutte contre l’antibiorésistance les mieux adaptées aux pays d’Afrique à faibles ressources .

  • Le réseau réunit :
  • L’Institut Pasteur (Paris)
  • Le Centre Pasteur du Cameroun
  • L’Institut Pasteur de Madagascar
  • L’Institut Pasteur du Maroc
  • L’Institut Pasteur de Bangui
  • L’Institut Pasteur de Dakar
  • Le Centre National Hospitalier Universitaire Hubert Koutoukou Maga (Bénin)

Objectif du projet : créer un réseau de surveillance et de recherche dédié à l’antibiorésistance en Afrique, avec une approche « Une seule santé » (One Health) qui intègre la santé humaine, animale et environnementale .

 La réponse d’UTI-Diag

L’étude publiée dans JAMA Network Open* a été réalisée dans le cadre du projet SARA, qui a généré les données essentielles sur l’évolution de la résistance en Afrique .

Ces données ont directement alimenté le projet UTI-Diag (Diagnostic et gestion raisonnée des antibiotiques pour les infections urinaires), une initiative innovante qui vise à :

  1. Améliorer le diagnostic des infections urinaires avec des outils rapides et accessibles
  2. Réduire l’utilisation inappropriée des antibiotiques
  3. Lutter contre l’antibiorésistance dans les pays à ressources limitées

UTI-Diag, c’est : 

  • Un dispositif de diagnostic au point de soin (Point of Care): déployable directement dans les hôpitaux et centres de santé, il identifie le pathogène responsable de l’infection et détecte son profil de résistance aux antibiotiques en quelques heures
  • Une  plateforme numérique de collecte et de suivi : elle centralise les données de diagnostic et de résistance, assure le suivi des patients et facilite la surveillance des tendances d’antibiorésistance

Les professionnels de santé sénégalais testent actuellement l’outil pour l’adapter à la réalité du terrain. 📎 Téléchargez la publication

Téléchargez l’article complet publié dans JAMA Network Open : 

Le projet UTI-Diag est cofinancé par l’Union européenne à travers le programme Global Health EDCTP3 et par UK Research and Innovation (UKRI).

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