Qu’est-ce qu’une infection urinaire et pourquoi est-elle si difficile à diagnostiquer en Afrique ?

Chaque année, des centaines de millions de personnes dans le monde souffrent d’infections urinaires (IU). Pourtant, en Afrique subsaharienne, la grande majorité d’entre elles ne reçoit jamais de diagnostic précis.

Qu’est-ce qu’une infection urinaire ?

Une infection urinaire survient lorsque des bactéries — le plus souvent Escherichia coli — pénètrent et se multiplient dans le système urinaire : vessie, reins, uretères et urètre. L’infection peut aller d’une simple cystite à une pyélonéphrite grave, voire à un urosepsis potentiellement mortel.

Les IU comptent parmi les infections bactériennes les plus répandues au monde. Selon une étude publiée en 2025 dans Scientific Reports, fondée sur les données du Global Burden of Disease 2021, le nombre de cas a augmenté de plus de 66 % entre 1990 et 2021, atteignant 4,49 milliards de cas dans le monde.

Pourquoi le diagnostic est-il si difficile en Afrique ?

La méthode standard repose sur la culture urinaire, qui exige du personnel formé, du matériel stérile, une alimentation électrique fiable et produit des résultats en 24 à 72 heures. Dans de nombreux établissements d’Afrique subsaharienne, ces conditions n’existent pas.

La plupart des IU y sont diagnostiquées cliniquement ou à l’aide de bandelettes urinaires simples. Ces méthodes sont rapides mais imprécises : elles ne permettent pas d’identifier la bactérie ni de détecter sa résistance aux antibiotiques.

Faute de diagnostic précis, les médecins prescrivent des antibiotiques à large spectre de façon empirique, ce qui alimente directement la résistance aux antimicrobiens (RAM).

Résistance aux antimicrobiens : une crise alimentée par le manque de diagnostic

L’OMS a identifié la RAM comme l’une des dix principales menaces pour la santé publique mondiale en 2019. Son rapport mondial de surveillance RAM 2025, fondé sur plus de 23 millions de cas confirmés dans 110 pays, confirme que la résistance aux antibiotiques continue d’augmenter à un rythme alarmant.

Des données publiées en 2024 dans JAC-Antimicrobial Resistance montrent que plus de 50 % des bactéries isolées chez des patients IU en Afrique de l’Est étaient multirésistantes, dont 52,2 % pour E. coli.

Ce que fait UTI-Diag pour y remédier

UTI-Diag est un consortium de recherche financé par l’Union européenne réunissant 11 partenaires d’Afrique et d’Europe, avec une mission commune : développer des outils diagnostiques innovants adaptés aux réalités des systèmes de santé d’Afrique subsaharienne.

UTI-Diag se concentre sur des solutions au point de soins utilisables sans infrastructure spécialisée, permettant aux cliniciens d’obtenir des résultats précis en quelques minutes pour prescrire l’antibiotique adapté dès la première consultation.

Pourquoi cela concerne tout le monde

La RAM ne connaît pas de frontières. La Déclaration politique de l’ONU sur la RAM (2024) fixe un objectif de réduction de 10 % des décès liés à la résistance bactérienne d’ici 2030. Selon l’OMS, les infections résistantes pourraient causer 39 millions de décès d’ici 2050 et coûter jusqu’à 412 milliards de dollars par an.

Références

  • He Y. et al. (2025). Epidemiological trends and predictions of urinary tract infections in the global burden of disease study 2021. Scientific Reports, 15, 4702.
  • OMS (2025). Rapport mondial de surveillance de la résistance aux antibiotiques 2025.
  • Maldonado-Barragán A. et al. (2024). JAC-Antimicrobial Resistance, 6(1).
  • OMS (2025). Appel mondial à l’action pour lutter contre la résistance aux antimicrobiens.
  • Assemblée générale des Nations Unies (2024). Déclaration politique sur la résistance aux antimicrobiens.

Contact

Communication UTI-Diag
info@utidiag.org
www.utidiag.org

Ce projet est financé par l’Union européenne via Global Health EDCTP3 et par UK Research and Innovation (UKRI).

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